Parapente biplace léger: Niviuk BI SKIN 2 P

Test Bi Skin 2P

S’il y a une chose à retenir avec ce tout nouveau biplace de chez Niviuk, c’est son poids: 3.3kg!!!! Ces 3.3 kg sont vraiment révolutionnaires dans l’activité biplace et nous avons eu la possibilité, grâce à cet anticyclone hors norme de ce début d’hiver, de bien le tester…

Au niveau technologie, le BI Skin 2 reprend le socle de la Skin: des élévateurs light dyneema, des softlinks (connects) en guise de connexion élévateur/suspente et un suspentage allégé. Il faudra, lors du démêlage de l’aile avant le vol, être attentif pour ne pas laisser de clefs dans l’étage le plus haut du cône. L’aile est essentiellement assemblée dans du porcher 32 g voire même en 38 g pour le bord d’attaque, conférant à l’aile une bonne résistance à l’abrasion.

Le plus intéressant, nous concernant aujourd’hui, se trouve au niveau des essais que nous avons pu faire. Lors d’un premier vol, chargé à plus de 180 kg, l’aile décolle comme sa petite soeur solo: très peu d’espace devant nous et une brise légère n’inquiètent pas plus que cela. La prise en charge est étonnamment rapide, et l’aile n’a pas plus envie que cela de nous dépasser malgré l’impulsion plus que franche de mon passager qui ne voulait pas rester trop longtemps sur le décollage :-).

Test Bi Skin 2P

Lors d’un autre vol, chargé à 135 kg, dans une pente soutenue au décollage et sans vent, quelques pas suffisent pour être pris en charge après avoir contrôlé l’aile aisément. Ce niveau de prise en charge est tout simplement ce qui se fait de mieux aujourd’hui dans les ailes biplaces. On ne ressent pas du tout, au moment de l’envol, que l’aile ne fait que 31 m2… A n’en pas douter, ceci est une énorme avantage pour aller décoller là où nos pas nous mènerons.

En vol maintenant, et dans sa configuration la plus chargée, l’aile se veut un peu ferme dans la main sans que cela soit désagréable. Le débattement à utiliser est assez court, ne fatiguant pas vraiment le pilote. A contrario, et sans surprise, chargée à 135 kg le pilotage se veut très doux dans la main. Il faudra être (un peu) attentif dans des conditions thermiques pour rester dans des régimes de vols rapides. La maniabilité dans l’ensemble de la plage de poids est bonne, et on peut varier les rayons de virage sans soucis particuliers. Peut-être pourrait-on reprocher à l’aile de vibrer un peu trop en l’air quand on se situe en bas de fourchette. Ceci s’explique certainement par le fait qu’il n’y a pas d’épaisseur permettant de créer une rigidité et donc d’éviter au Bi SKin P de « chanter ». Rassurez-vous, ce petit bruit de fond n’empêche pas du tout de discuter avec son passager pour commenter le décors extraordinaire autour de lac d’Annecy!?

Finalement, le vrai doute avec ce parapente concernait le fait de retrouver le sol. Le travail de Niviuk à ce niveau a été vraiment remarquable et va, à coup sûr, faire avancer le milieu dans l’évolution de technologie mono-surface. Pour bien atterrir donc, il est préconisé de détrimer complètement l’aile. En libérant le biplace, on sent clairement le vent relatif arriver. L’énergie accumulée dans cette prise de vitesse nous a permis, dans chacun des vols que nous avons pu faire, de retrouver le sol facilement.

Au niveau des performances pures, si on s’amuse à comparer ce Bi Skin 2 P avec un biplace à la construction traditionnelle, on ne pourra que constater que le taux de chute et la glisse seront moins efficaces. Mais demande-t-on à une Ferrari F 40 de passer aussi bien dans les chemins boueux qu’un 4X4 Land Cruiser???…. Une telle comparaison n’a pas vraiment de sens. Il nous faut donc nous contenter de voir les vrais points forts de ce jouet étonnant: son poids à la montée, sa facilité de gonflage dans toutes les configurations associée à une prise en charge redoutable, sa facilité d’accès en vol et le retour au sol simple… sont autant d’éléments qui devront convaincre beaucoup de pilotes de biplace.

Avec le Bi SKIN 2 P, il devient possible de goûter aux joies du vol rando et des vols simples avec tous…